Toute institution vit de ses décisions. Des marchés s'attribuent, des budgets s'allouent, des fournisseurs se choisissent, des stratégies s'arrêtent. Et pourtant, dans la plupart des salles où ces choix se prennent, la méthode tient en un tableur, une discussion et une intuition. Les enjeux sont industriels. Les instruments sont artisanaux.
Nous y voyons la grande faiblesse inexaminée des organisations sérieuses. Ce n'est pas un déficit d'intelligence : les gens dans ces salles sont capables. Ce n'est pas un déficit d'information : ils s'y noient. Ce qui manque, c'est l'instrumentation, cette discipline qui a fait de la navigation une cartographie et de l'observation une astronomie. Une décision qui engage des millions mérite au moins la rigueur qu'on accorde à un mur porteur.
The Garel Lab existe pour instrumenter l'acte de décider.
Notre méthode repose sur trois refus. Nous refusons le point de vue unique : chaque cas qui entre au laboratoire est examiné par toutes les grandes écoles de la théorie de la décision, menées en parallèle, et quand les méthodes divergent, nous ne le cachons pas, nous le mesurons. Le désaccord entre instruments n'est pas du bruit. C'est l'information la plus honnête qu'un décideur recevra jamais.
Nous refusons la conclusion non éprouvée : chaque verdict est attaqué avant d'être rendu. Audit adversarial, sensibilité aux pondérations, contrefactuels. Une décision qui ne survit pas à notre propre assaut n'a aucune raison de survivre à un juge, un conseil ou une partie adverse.
Nous refusons l'introuvable : chaque attribution, chaque arbitrage sort du laboratoire argumenté et sourcé, un document qu'on peut rouvrir des années plus tard et qui se défend encore. Une décision n'est pas finie quand elle est prise. Elle est finie quand elle peut être expliquée.
Nous construisons pour les salles où l'erreur coûte plus cher que la rigueur : les institutions publiques dont les choix doivent tenir devant le droit, les directions générales dont les programmes engagent l'avenir de la maison, les comités qui allouent du capital sur la foi d'une pondération. Nous ne les conseillons pas. Nous leur remettons des instruments, et nous opérons ces instruments en production, sur des cas réels, chaque jour. Le laboratoire pratique ce qu'il vend : nos propres choix passent par notre propre moteur.
Les autres accompagnent la décision. Nous l'instrumentons.

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Sealed by the labThe Garel Lab · MMXXVI